
Chaque mois, elles saignent en silence dans l’ombre avec honte. Non pas, parce que les règles sont une malédiction, mais parce qu’elles sont perçues comme telles.
Je suis une femme. Et à travers mon propre corps, je comprends ce que signifie vivre ses règles avec dignité. Je comprends aussi ce que cela fait d’avoir peur d’une tache rouge, d’un regard moqueur, ou d’un manque de moyens pour s’acheter une simple serviette hygiénique. C’est pourquoi je ne peux pas me taire.
Une réalité crue, douloureuse… et trop peu dite
En Afrique, des millions de filles et femmes n’ont pas accès à des protections hygiéniques sûres et abordables. Elles improvisent avec des tissus, du papier journal, voire du sable… Et derrière ces « astuces » de survie se cachent, des souffrances physiques infections, douleurs, inconfort permanent. Des fractures éducatives, des cours manqués, des abandons scolaires. Une honte constante, le sentiment d’être sale ou impure. Comprenons ce n’est pas une légende. Ce n’est pas un mythe. C’est notre réalité. La réalité des femmes !
L’alerte de l’UNFPA c’est briser le tabou

Selon l’UNFPA, « les tabous autour des règles exposent encore des millions de filles à la honte, à la stigmatisation et à la discrimination. »
Et c’est justement ce silence imposé, cette omerta collective, qui rend la précarité menstruelle si violente. Tant qu’on ne parle pas des règles comme d’un fait naturel, sain, normal, on empêche les filles de vivre pleinement leur féminité.

Khady Cissé, une femme qui m’inspire profondément
Dans ce combat, une femme m’a particulièrement touchée il s’agit de Khady Cissé, fondatrice de l’initiative Menstruelle Libre.
À travers ce projet, Khady fait bien plus que distribuer des protections hygiéniques. Elle crée des espaces de parole, d’éducation, de libération. Elle se rend dans les écoles, les quartiers défavorisés, les villages. Elle parle avec les filles, les rassure, les éduque. Elle parle aux parents, aux hommes, aux chefs religieux.
Son action m’émeut, parce qu’elle porte nos douleurs à toutes, et les transforme en force collective.
Elle dit ce que tant d’entre nous ont tu pendant des années.
« Nos règles ne sont pas une honte. Ce sont des signes de vie. »
Mon sentiment de femme, mon devoir de plume
Quand je pense à toutes ces jeunes filles qui se replient sur elles-mêmes, qui ratent l’école, qui souffrent en silence chaque mois, je ressens un mélange de colère, de tristesse, mais aussi d’espoir. Colère, parce qu’on ne devrait plus en 2025 choisir entre du pain et une serviette hygiénique. Tristesse, parce que tant de femmes ont grandi en croyant que leur corps était un problème. Mais espoir, parce que des femmes comme Khady Cissé existent. Parce que des voix s’élèvent. Et parce que je crois profondément que nous sommes en train de réécrire l’histoire.
Et maintenant, que faisons-nous ?
Il ne s’agit plus de compatir, Il faut agir en intégrant l’éducation menstruelle dans les programmes scolaires dès le primaire. En fournissant des protections menstruelles gratuites ou subventionnées dans les écoles. En sensibilisant les hommes, les communautés, les institutions, en cessant de chuchoter le mot « règles » comme s’il était sale.

La précarité menstruelle en Afrique est une réalité. Et je choisis de la combattre non seulement avec mes mots, mais avec mon cœur de femme. Parce que je sais ce que c’est. Parce que je veux qu’aucune fille ne vive ses règles comme une punition. Parce que la dignité menstruelle est un droit. Je suis le produit brut initié par Khady Cissé.
Une voix qu’elle a contribué à éveiller, à affiner, à engager.
Grâce à elle, j’ai compris que cette lutte n’était pas celle « des autres », mais aussi la mienne.
Je suis passée de la conscience à l’action, de la douleur à la prise de parole.
Et aujourd’hui, je suis pleinement impliquée dans cette bataille pour la justice menstruelle.
Aujourd’hui, je prête ma plume à cette cause.
Demain, j’espère prêter ma voix à celles qui n’osent pas encore parler.
Et toi, que feras-tu pour qu’une fille puisse étudier, rêver, s’épanouir même pendant ses règles ?
Miss Camara




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